Au milieu d'un grand champ de maïs, se tenait Grincheux. Il avait un chapeau de paille et une chemise à carreaux, comme tous les épouvantails. Mais Grincheux avait un problème : il n'effrayait personne.

Le fermier Jean venait voir son champ tous les matins.

Et tous les matins, il fronçait les sourcils. « Grincheux ! Tu es censé faire peur aux oiseaux, pas leur servir de perchoir ! » grognait-il en voyant les corbeaux s'amuser autour de lui.

Mais Grincheux aimait bien les corbeaux. Ils lui racontaient des histoires sur les nuages et les étoiles.

Un corbeau noir et malin, nommé Corbeau, se posait souvent sur son bras. « Tu es le plus gentil des épouvantails », lui disait-il.

Un jour, le fermier Jean décida que ça suffisait. Il marcha jusqu'à Grincheux avec un air sévère.

« Je vais te rendre plus effrayant », dit-il. Il lui tira sur la bouche cousue pour en faire une grimace et secoua ses bras en l'air.

Mais cela ne changea rien. Les corbeaux revinrent le lendemain  et rirent  gentiment.

« Oh, Grincheux, tu as un nouveau look ! » s'amusa Corbeau en se posant sur son chapeau. Grincheux était redevenu souriant.

Le fermier Jean était désespéré. Il s'assit au pied de Grincheux et soupira. « Tu es le pire épouvantail du monde entier », dit-il tristement.

En entendant cela, Corbeau eut de la peine pour son ami Grincheux. Il eut alors une idée brillante. Il s'envola et rassembla tous ses amis corbeaux pour un grand bavardage dans le ciel.

Le lendemain matin, le fermier Jean n'en crut pas ses yeux. Le champ était rempli de corbeaux ! Mais ils ne touchaient pas au maïs. Au lieu de cela, ils picoraient de minuscules insectes verts qui rongeaient les feuilles.

Le fermier Jean comprit tout. Les corbeaux aidaient la ferme parce qu'ils étaient les amis de Grincheux ! Il regarda le gentil épouvantail avec un grand sourire.

« Tu n'es pas un épouvantail effrayant, Grincheux », dit-il.

« Tu es un épouvantail rassembleur ! » Grâce à Grincheux et à ses amis, la ferme devint la plus belle de toute la région.

Et Grincheux, l'épouvantail qui n'effrayait personne, était le plus heureux de tous, sachant que la gentillesse était sa plus grande force.