Léo se réveilla en sursaut. Dans le silence de la nuit, la maison semblait pleine de bruits étranges. Un long groooong grave et profond monta du sous-sol.

Léo se cacha sous ses couvertures, le cœur battant très fort.

Puis, un sifffflement aigu et rapide suivit, comme si quelque chose glissait à l'intérieur des murs.

Et juste après, CRAC ! Un bruit sec, comme une branche qui se casse. C'en était trop pour Léo. "Papa !" appela-t-il d'une toute petite voix.

La porte s'ouvrit doucement, laissant passer une bande de lumière rassurante du couloir.

C'était Papa. "Qu'est-ce qui se passe, mon champion ?" demanda-t-il d'une voix calme en s'asseyant sur le bord du lit.

"La maison fait des bruits bizarres," murmura Léo. "Elle grogne et elle siffle... J'ai peur." Papa sourit dans la pénombre. "Peur ? Mais non, Léo. Tu n'as pas reconnu ? C'est juste la musique de la maison."

"La musique ?" répéta Léo, qui ne comprenait pas. "Oui," dit Papa.

"Écoute bien." À cet instant, le long groooong se fit de nouveau entendre. "Ça," chuchota Papa, "c'est le gros violoncelle. C'est la chaudière qui joue sa note chaude pour nous garder bien au chaud."

Le sifflement rapide et aigu traversa de nouveau le mur. "Et ça," continua Papa, "ce sont les flûtes traversières ! Ce sont les tuyaux où passe l'eau. Ils jouent une petite musique très rapide."

CRAC ! Le bruit sec claqua de l'autre côté de la chambre. Léo sursauta, mais Papa lui fit un clin d'œil.

"Et voilà la percussion ! C'est juste le bois de la maison qui s'étire un peu. Il marque le rythme pour tout l'orchestre."

Léo écouta encore. Le grognement n'était plus effrayant ; c'était la note basse et réconfortante du violoncelle.

Le sifflement était une flûte joyeuse. Et les craquements étaient comme des coups de cymbale qui donnaient le tempo.

"C'est l'orchestre de la maison," dit Léo, émerveillé.

"Il joue pour nous." "Exactement," dit Papa. "C'est sa façon de nous chanter une berceuse pour qu'on dorme bien." Il remit la couverture sur Léo et lui fit un bisou sur le front.

Léo ferma les yeux, bercé par la douce musique de la maison. Le violoncelle, les flûtes et la percussion jouaient la plus belle des mélodies. Et il s'endormit profondément, se sentant en parfaite sécurité.