Il y a très, très longtemps, nichée dans une vallée verdoyante, se trouvait la jolie ville de Hamelin.

Ses maisons à colombages étaient charmantes et ses rues pavées, mais la ville avait un très gros problème.

La ville était envahie par les rats ! Ils grignotaient le pain des boulangers, dansaient sur les tables des tavernes et

faisaient des nids dans les chapeaux des dames. Personne n'était à l'abri.

Les habitants, désespérés, se sont rassemblés sur la place de la ville. "Faites quelque chose, Monsieur le Maire !" cria un marchand. "Nous ne                        pouvons plus vivre ainsi !"

Le maire Bernard, qui aimait son confort plus que tout, promit une fortune pour se débarrasser du fléau. "Mille pièces d'or à celui qui chassera les rats de Hamelin !" claironna-t-il pour calmer la foule.

Le lendemain, un étranger arriva en ville.

Il était grand et mince, vêtu d'habits de toutes les couleurs, et tenait une simple flûte en bois. Il se présenta calmement au maire.

"Je suis Lothaire," dit l'étranger. "J'ai entendu votre promesse. Je peux libérer votre ville des rats.

Mais un maire tient toujours sa parole, n'est-ce pas ?" Le maire Bernard hocha la tête, impatient de voir le résultat.

Lothaire se plaça au centre de la place et commença à jouer de sa flûte. Une mélodie étrange et envoûtante s'éleva, serpentant dans chaque ruelle et chaque maison de Hamelin.

Aussitôt, tous les rats, du plus petit au plus grand, sortirent de leurs cachettes. Comme hypnotisés, ils formèrent une immense armée de rongeurs qui se pressait derrière le joueur de flûte.

Les habitants regardaient, stupéfaits, depuis leurs fenêtres. Le flot de rats suivait Lothaire sans faire le moindre bruit, à part le son de leurs milliers de petites pattes sur les pavés.

Il guida l'immense cortège hors de la ville, jusqu'à la rivière Weser. Un par un, les rats, toujours sous le charme de la musique, plongèrent dans l'eau et furent emportés par le courant.

Hamelin était enfin libérée ! Les cloches de l'église sonnèrent et les gens sortirent dans les rues pour célébrer, dansant et chantant. La ville n'avait jamais été aussi joyeuse.

Lothaire retourna voir le maire Bernard pour réclamer sa récompense.

Mais le maire, maintenant que le danger était passé, était redevenu avare. Il se mit à rire.

"Mille pièces d'or pour un simple air de flûte ?

Quelle blague ! Les rats sont partis, tu ne peux pas les faire revenir. Prends cette petite bourse et va-t'en," dit le maire avec mépris.

Le visage de Lothaire devint sombre. "Vous avez rompu votre promesse," dit-il d'une voix glaciale. "Une promesse est une dette. Et aujourd'hui, vous allez payer."

Il sortit sur la place, porta de nouveau sa flûte à ses lèvres et joua une nouvelle mélodie. Cette fois, elle n'était pas étrange, mais douce, magique et irrésistible.

À cet appel, tous les enfants de Hamelin sortirent de leurs maisons. Ils arrêtèrent leurs jeux, quittèrent leurs parents et se mirent à suivre le joueur de flûte en riant et en dansant. Un petit garçon nommé Émile semblait être le plus enchanté de tous.

 Ils appelèrent leurs enfants, mais leurs voix étaient comme étouffées par la musique magique. Personne ne se retourna.

Les parents, d'abord amusés, commencèrent à s'inquiéter en voyant le cortège quitter la ville.

Lothaire les guida hors de la ville, vers une grande montagne qui surplombait Hamelin. Alors qu'il jouait, une porte secrète, scintillante de lumière, s'ouvrit dans la roche.

Les enfants le suivirent à l'intérieur, riant et dansant toujours, rêvant d'un pays merveilleux. Quand le dernier enfant fut entré, la porte de la montagne se referma dans un grand bruit, ne laissant aucune trace.

Le joueur de flûte et les 130 enfants de Hamelin avaient disparu pour toujours. Les parents, le cœur brisé, et le maire, rongé par la honte, comprirent le terrible prix d'une promesse non tenue.